Débuts des années 2000

Au tournant du millénaire et pour ce qui concerne l’enseignement supérieur et la recherche on fait les constats suivants :

  • Les Universités françaises font pâle figure dans les classements internationaux. On peut discuter leurs critères d’évaluation mais dans la mesure où l’on veut attirer de plus en plus d’étudiants étrangers pouvant contribuer aux financements et à terme au rayonnement du Pays, c’est dommageable. Contrairement aux grands de ces classements, les liens des Universités françaises, trop dispersées, avec les entreprises sont très ténus. Spécificité bien française, c’est surtout dans les grandes écoles qui sont en concurrence directe avec les Universités que les entreprises recrutent la plupart de leurs cadres.
  • Les grandes entreprises qui dans le passé disposaient en propre des laboratoires leur permettant de mener des recherches amont très poussées ont vu les marges financières qu’elles pouvaient dégager de leurs ventes se réduire du fait de sévères compétitions. Elles ne sont plus en mesure d’investir dans les grands équipements que requièrent des recherches avancées dont les retombées n’interviendraient qu’à long terme. Des coopérations s’imposent donc au niveau national d’abord et plus largement dans le cadre européen pour lequel on a de bons exemples de réussites.
  • Le tissus des ETI (établissements de taille intermédiaires) et PME moins développé  en France que chez nos voisins ne contribue pas autant que chez eux à l’innovation.

Des décisions gouvernementales vont être prises pour remédier à ces problèmes. Une des plus marquantes portera en 2004 sur la mise en place de « Pôles de compétitivité« . L’État accorde des financements substantiels pour des recherches dès lors qu’elles sont menées par des équipes constituées régions par régions et associant obligatoirement des chercheurs du domaine public et des entreprises avec large part pour les PME.

Une autre décision marquante concernera en 2006 plus directement l’enseignement supérieur et la recherche associée. Par la création de RTRA (Réseaux Thématiques de Recherches Avancées) il sera fait en sorte que les établissements voisins s’accordent pour répondre en commun aux appels d’offres lancés tant au niveau national qu’européen. Des Fondations seront crées par ces établissements pour les représenter en tant que personnes morales. Ce sera pour notre secteur le cas de la FCS (Fondation de Coopération Scientifique) qui verra sous une même bannière les facultés des Sciences d’Orsay et Saint Quentin en Yvelines, l’ONERA, l’école Supélec….Tout cela ne se fera pas sans multiples discussions et controverses mais connaîtra après 2010 son aboutissement pour notre secteur avec  l’OIN (Opération d’Intérêt National) Paris-Saclay.

L’association ADPP tout juste naissante va activement participer aux réflexions alors menées en y associant la population locale. Elle le fera d’abord en dressant une sorte d’état des lieux pour ce qui concerne le plateau de Palaiseau et éditant avec le soutien de la CAPS (Communauté d’Agglomération du Plateau de Saclay) un dépliant très largement diffusé complété par une brochure descriptive plus détaillée. Elle le fait aussi en organisant des conférences-débats où interviennent des personnalités du monde universitaire, des entreprises et des élus de haut rang. Dans le même temps entreprises et Universités ou Organismes de recherches de l’État accentuent leurs coopérations et se rapprochent géographiquement pour favoriser les échanges. On en a des exemples avec Danone puis Thales qui choisissent d’implanter leurs centres internationaux de recherches à Palaiseau et l’IOGS, Institut d’Optique Graduate School de la Faculté des Sciences d’Orsay qui s’installe au voisinage immédiat de Thales Research Technologies.

L’état des lieux début des années 2000

C’est à la suite d’une réunion publique organisée par l’association « Agir Pour Palaiseau » APP pour soutenir le projet de synchrocyclotron SOLEIL qu’est née en 2002 l’association ADPP. On faisait alors le constat que la ville de Palaiseau s’étant développée dans les vallées, peu de palaisiens connaissaient l’intense activité scientifique exercée sur le plateau. C’était l’un des premiers objectifs d’ADPP que de faire connaître les établissements scientifiques qui s’y étaient implantés.

Cela s’est traduit tout d’abord par l’édition, avec le soutien de la Communauté d’Agglomération et de la Ville d’un dépliant proposant un parcours pédestre « Établissements Scientifiques ». Huit Centres de Recherches y sont situés et brièvement décrits.

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Téléchargement du dépliant : « Déliant Recto«  et « Dépliant Verso »

Les fiches d’identité et les activités de ces établissements ne pouvant être présentées sur un dépliant que de façon très succincte, ADPP a alors édité une brochure décrivant chacun de ces établissements de façon beaucoup plus détaillée : « Parcours établissements scientifiques« 

Depuis l’OIN Paris-Saclay a conduit à l’implantation dans le même secteur  de nouvelles grandes écoles ou instituts de recherches ou encore le Research Center d’EDF. Cependant, à l’exception du centre de recherches Danone qui a été déplacé dans la zone de Moulon où a été formé un pôle pharmaceutique, les autres établissements décrits sont bien toujours là et y exercent peu ou prou les mêmes fonctions.

 

Conférences – débats

La question de l’avenir de la Recherche en France et plus spécifiquement sur les plateaux de Saclay, Palaiseau et du Moulon se pose dans les années qui suivent. ADPP organise en 2006 une première soirée débats très suivie ayant avec pour thème « Le plateau : quel développement scientifique et technique ? « .

Les personnalités invitées exposent leurs points de vue. Des débats animés suivent leurs interventions. Un glossaire permettant de mieux comprendre ce que recouvrent les nombreux sigles et abréviations courants dans le domaine est remis à tous les participants.

Une seconde soirée débats également très suivie est organisée en 2007 sur le thème « La recherche, enjeu de Société, enjeu pour le Plateau », un complément au glossaire est distribué aux participants.

Le « Plan Campus Paris Saclay » voyant le jour, ADPP  participe aux différentes réunions organisées sur ce sujet notamment par les collectifs d’associations « COLOS » et UASPS et fait connaître son point de vue dans les enquêtes publiques qui ont cours. ADPP participe également à la création de l’association « Scientipôle Savoir et Société » (maintenant S[cube])dont elle partage les objectifs.

Coopérations

Opticsvalley/Systematic

Cette association a été créée en 1999 avec le soutien de la Région et du Département, avec son siège à Palaiseau face à la gare de Palaiseau-Villebon. Son but était de fédérer, structurer et dynamiser la filière optique-optronique dans le sud de l’Île de France. L’initiative en revint à des acteurs du domaine de l’optronique qui jugeaient utile de se coordonner notamment pour éviter une concurrence franco-française lors d’appels d’offres nationaux et européens,en particulier dans le cadre du programme  EUREKA qui visait à renforcer la compétitivité de l’industrie européenne. L’association a rapidement compté prés d’une centaine de membres avec de très grandes entreprises comme Thomson-CSF (aujourd’hui Thales) ou Alcatel (aujourd’hui Nokia) mais aussi de plus petites et moyennes  entreprises. C’est en effet souvent une condition des appels d’offres que des PME soient associées aux réponses.

C’est dans le cadre d’Opticsvalley que sera élaboré le projet « Systematic » en réponse à la demande de l’État de créer des « pôles de compétitivité » dans les grandes régions. Des Instituts de recherches et centres de recherches universitaires ou de grandes écoles participeront à l’élaboration puis au déroulé de ce projet. Opticsvalley comptera ainsi près de 200 membres et sera finalement intégrée en 2019 dans « Systematic » qu’elle avait fait naître.

Ce projet retenu par l’État après rudes compétitions va largement au delà du domaine de l’optique. Y sont intégrés les domaines que l’on vise de développer en Île de France sud avec parmi les grandes entreprises Renault  pour ce qui concerne l’automobile, Thales pour ce qui concerne les logiciels et la sécurité avec tous les développements technologiques et méthodologiques que cela suppose.

Systematic devenu « Systematic Paris Region Deep Tech Ecosystem » est toujours bien vivant et a pris une envergure européenne.

Pour en savoir plus : https://systematic-paris-region.org/

Digiteo

C’est un RTRA créé en 2006 associant le CEA, le CNRS, l’INRIA, l’Université Pais-sud, Polytechnique, Supelec, l’ENSTA, l’ONERA pour traiter des STIC (Sciences et Technologies de l’Information et de la Communication) et aussi des sciences de la matière. La FCS (Fondation de Coopération Scientifique) Digitéo-Triangle de la Physique (triangle Palaiseau-Orsay-Saclay) représentera juridiquement ce RTRA. De très grands instruments scientifiques, tels Soleil, seront mis en commun. De nouveaux laboratoires communs seront construits dans le cadre de l’OIN Paris-Saclay dans les secteurs de la Vauve, de Moulon et du CEA.